Où la vie commence-t’elle ? Et quand ?

La vie avant la naissance

QUI S’EST, UN JOUR, INTERROGE SUR LA VIE ?

Qui ne s’est, une fois, demandé ce qu’elle est ?
Questions trop ambitieuses.Et sans réponses.
Mais à qui, plus modestement, demande :
« Où la vie commence-t’elle ? Et Quand ? »
Et toute inquiétude disparaît.
Evidence ?

 

 

LA VIE COMMENCE A LA NAISSANCE…
Vraiment ?
Dans le ventre…
Dans le ventre de sa mère, l’enfant n’est-il pas déjà vivant ? Ne bouge-t’il pas ?
Sans doute, il bouge. Mais il n’y a là, disent certains, que simple activité réflexe.
Activité réflexe ! Non !
Nous savons, aujourd’hui que, bien avant d’avoir « vu le jour », l’enfant perçoit la lumière. Et qu’il entend. Et que, de son obscure retraite, il est à l’écoute du monde.
Nous savons même qu’il passe de la veille au sommeil. Et même qu’il rêve !
En sorte que, faire commencer la vie à la naissance, c’est se tromper grossièrement !
Qu’est-ce donc, alors, qui commence quand l’enfant vient au monde ? Qu’est-ce donc si ce n’est la vie ?

CE QUI COMMENCE C’EST LA PEUR.
La peur et l’enfant naissent ensemble.
Et ne se quitterons jamais.
La peur, compagne secrète, discrète comme l’ombre et, comme elle, fidèle, obstinée.
La peur qui ne nous lâchera qu’à la tombe où fidèlement elle nous aura mené.

J’ai conté cette époque de la naissance*
Et cette naissance de la peur.
J’ai montré le jeune aventurier, assailli dès qu’il se risque hors de sa retraite, par les mille monstres  que sont les sensations du monde au dehors.
Elles l’attendent et le terrassent de leur fracassante nouveauté.
J’ai montré le jeune héros bien près de succomber, anéanti par la surprise et la terreur bien plus que par la souffrance.
Et j’ai tenté d’indiquer comment, avec un peu d’intelligence et de doigté, on pouvait, ici, beaucoup changer.

« ET APRES ? » m’a-t’on demandé.
Qu’en est-il des premiers jours, des premières semaines ?
Les épreuves, il est vrai, ne sont pas terminées. L’enfant va rencontrer de nouveaux monstres.
Notre Argonaute va devoir livrer d’autres combats.
Pour bien saisir ce qu’il en est, revenons, une fois encore, en arrière.

Frederick Leboyer, Extrait de Shantala, un art traditionnel, le massage des enfants
*Pour une naissance sans violence, Editions du Seuil, 1974